PAPIERS D’ARMENIE

Mardi 9 janvier 2018 ,
Tourettes, France.

 

J’ai pour but  l’amitié avec le Monde entier” (Gandhi)

 

Mes chers amis,

Le temps semble avoir perdu la boule !

La pluie ne cesse de tomber créant des inondations un peu partout, le vent hurle sa colère faisant voler le toit de certaines maisons et courber même les chênes qui luttent fièrement contre le déchaînement des éléments ! Les palmiers quant à eux oscillent souplement au gré des rafales, fatalistes, semble-t-il de la situation ! La mer méditerranée pourtant si calme, s’est elle aussi associée à ce chaos, déferlant par vagues puissantes et violentes sur ces rivages fabriqués par ces locataires qui semblent avoir oublier de payer leur loyer ! La nature, grande propriétaire, semble vraiment fâchée !

 

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Pendant ce temps-là, en Arménie, la météo est bien plus clémente : j’imagine le soleil sur le mont Ararat qui sait si bien éclairer et réchauffer le coeur de mon Arménie chérie …

Pour nous, l’aventure continue …

Nous avons travaillé tout le mois de décembre sur les marchés de Noël avec nos sacs “made in Arménia” fabriqués par ces femmes aux doigts d’or … Nos petites fées arméniennes qui nous ont portés chance !

Celui de Mandelieu – la Napoule, fût le plus intéressant ( nous y sommes restés 10 jours ).

 

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Nous avons fait la connaissance du Maire, qui est lui aussi d’origine Arménienne par sa maman, et qui nous a accueillit très chaleureusement. L’Arménie s’est invitée sur ce marché de Noël et nous étions fiers d’en être les messagers. Nous avons même eu un article sur Nice-Matin et avons été élus “coup de coeur du Marché de Noël” ! Je tiens à remercier les nombreux amis qui sont passés nous voir et ceux de mon blog qui ont pu se déplacer et que j’ai pu voir pour de vrai ! Quel magnifique cadeau !

 

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Après la frénésie des fêtes, le mois de Janvier invite au calme … (Le temps nous y oblige un peu)

Donc, j’écris …

Lorsque j’étais en Arménie, j’ai rencontré une jeune femme merveilleuse qui s’appelle Arpénik Mouradyan et qui est une artiste peintre de grand talent !

 

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Un de ses rêves est d’illustrer des livres … Ça tombe bien ! J’avais dans mes cartons un conte que j’avais écrit et qui me tenait à coeur mais dont il manquait des dessins pour lui donner vie ! Notre projet commun a vu le jour un après-midi d’été dans notre jardin arménien au milieu des fleurs et des chats …

Voici pour vous en cadeau les 3 premiers chapitres, avec quelques illustrations d’Arpénik.

Nous sommes en train de travailler avec Alain, pour l’éditer en livre avec fichier audio. J’ai aussi pour projet de le mettre en scène (pourquoi pas ?). Si vous avez des idées ou si vous connaissez un éditeur, n’hésitez pas à les partager dans les commentaires, qui sont ré-ouverts. Comme je l’avais dis : j’ai semé des graines en Arménie … Elles commencent à germer …

A bientôt pour d’autres nouvelles, et recevez tous nos voeux à l’aube de cette année toute neuve …

 

 

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LE VOYAGE D’ANNABELLE

(LA COCCINELLE AUX AILES D’OR)

 

« Coccinelle demoiselle 
bête à Bon Dieu
Coccinelle demoiselle 
vole jusqu’aux cieux !
Petits points rouge, 
elle bouge …
Petits points blanc, 
elle attend … »

 

 

 

CHAPITRE 1

— Moi, Dieu m’a oublié… Je n’ai pas de taches !

Annabelle était triste. Elle était née… sans taches. Sa carapace était tendre et de couleur or. Personne ne voulait jouer avec elle, car elle était différente et trop lumineuse.

En effet, les jours de soleil, lorsque les rayons se reflétaient sur elle, elle aveuglait tout son entourage, personne ne pouvait vraiment la regarder tant elle brillait !

Alors, pour ne pas s’attirer les moqueries, elle se cachait sous les feuilles ; parfois lorsqu’elle était trop triste, elle volait… volait très haut dans le ciel.

De la terre, on pouvait voir un petit point lumineux qui ressemblait à une petite étoile, mais Annabelle n’en avait pas conscience. Elle aurait tant aimé avoir des amies, être comme tout le monde, avoir des points noirs, des taches ! Mais Dieu, dans son laboratoire, avait omis de lui en donner. Même ses parents la rejetaient :

— Mais qu’avons-nous fait au Bon Dieu pour qu’il nous donne une fille sans taches ?

Lorsqu’elle était toute petite, sa mère avait bien essayé de lui en dessiner avec un beau crayon noir, mais dès qu’il pleuvait, il fallait tout recommencer. Sa mère avait honte. Honte de n’avoir pas une coccinelle comme les autres, alors un jour elle la chassa :

— Pars Annabelle, c’est trop dur de vivre avec toi, malgré mes efforts pour te faire ressembler aux autres, tu restes… sans taches ! Et puis, tu m’éblouis et j’ai mal aux yeux de te regarder ! Tiens, voilà un vêtement que je t’ai fabriqué, mets-le, tu ressembleras un peu aux autres… Et cela te protégera. Pars Annabelle, va te cacher ou découvre le monde, peu importe, mais moi je ne peux te garder !

Alors, Annabelle prit son vêtement rouge à points noirs, et partit le cœur lourd.

Elle décida d’aller demander conseil à Séraphine, qui vivait seule dans la forêt. On disait d’elle qu’elle avait des pouvoirs magiques, et qu’elle était si vieille qu’elle avait même connu la civilisation des égyptiens ! Paraît-il qu’elle était immortelle…

Mais tout cela n’était que légende, car personne n’avait jamais vraiment vu « Séraphine le scarabée ». Qu’avait-elle à perdre… Annabelle ? Elle était seule, rejetée, abandonnée… Elle aurait bien voulu se regarder et savoir à quoi elle ressemblait… mais même ça, elle ne le pouvait pas.

Une fois, assise au bord de l’eau, elle avait vu un point lumineux qui se reflétait, elle s’était penchée, mais la lumière fût si violente qu’elle s’était retrouvée projetée, les quatre pattes en l’air !… Elle avait mis quelques temps à récupérer ses esprits et ses yeux lui avaient fait mal plusieurs minutes. Son propre reflet lui était insupportable  ! C’était comme regarder le soleil lorsqu’il était à son zénith.

Elle avait compris ce jour-là, pourquoi personne n’osait la regarder. Car plus elle grandissait… plus… elle aveuglait.

Elle mit donc son vêtement rouge à points noirs, se retint de pleurer et partit courageusement à la recherche de Séraphine.

 

 

 

CHAPITRE 2

 

 

Elle marcha longtemps, car son vêtement l’empêchait de voler ! Il la protégeait du regard des autres mais il maintenait ses ailes serrées l’une contre l’autre. Du coup elle devenait une coccinelle normale… mais qui ne volait pas !

— C’est vraiment bizarre la vie, pensait Annabelle, il y a toujours des compromis !

Mais au moins personne ne l’embêtait et la paix… ça n’a pas de prix !

— Houlala… C’est vraiment dur de marcher ! Mes petites pattes ne sont pas faites pour endurer une si longue marche ! Moi je suis faite pour voler !

Lorsque la nuit arriva, Annabelle décida enfin de se reposer. Elle avait faim, mais surtout elle était épuisée ! Elle trouva une petite clairière… Ce soir, la lune était ronde… ronde comme une bulle, autour d’elle scintillait une multitude d’étoiles. Le ciel ressemblait à un coffre à bijoux !

— C’est si beau, pensa Annabelle, si grand, si pur… Demain je reprendrai ma route et je demanderai à Séraphine de m’apprendre le Monde, la Vie… Et aussi pourquoi le Bon Dieu m’a oublié… Peut-être qu’elle pourra me tatouer des taches ?

Perdue dans ses pensées, enveloppée par la lumière bienveillante de la lune, elle s’endormit, cachée dans son vêtement de coccinelle ordinaire. Là-haut… les astres veillaient.

Au petit matin, elle fut réveillée par le chant d’un petit oiseau perché sur une branche. Elle eut peur qu’il veuille en faire son petit déjeuner (les oiseaux en général, aiment bien manger les coccinelles) mais celui-ci préférait siffler ! Ce devait être un poète, car il paraissait si heureux… C’est comme si il avait été envoyé juste pour la réveiller.

La lune avait disparu. Le soleil se levait, doucement, sa chaleur était si tendre, si douce… Comme un bisou !! C’est si beau… l’aurore, avec ses couleurs pastel ! Annabelle se sentait bercée par toutes ces merveilles. Des petites gouttes de rosée brillaient autour d’elle, comme si les étoiles étaient descendues du ciel pour se poser délicatement sur l’herbe.

Annabelle n’osait pas bouger, de peur de déranger toute l’harmonie de cette nature en éveil ! Elle resta là, au milieu de sa clairière, contemplant la naissance de cette nouvelle journée !

Tout à coup, une force incroyable monta en elle. Elle arracha son vêtement de coccinelle ordinaire, elle eut soudain l’envie d’être elle-même !

— Dieu a peut-être oublié de me peindre des taches, mais il m’a donné des ailes… Mes petites pattes sont toutes gonflées… Une coccinelle, même sans taches, est faite pour voler, alors… je volerai !

Elle était toute fière de sa nouvelle force… C’est comme si, durant la nuit, il s’était produit un miracle ! Elle déposa son vêtement, comme on dépose une vieille peau et s’envola, légère, sans regarder en arrière ! Elle se sentit libre… si libre ! Et puis elle irait beaucoup plus vite.

— C’est vraiment drôle la vie, pensait Annabelle, les jours se suivent et… ne se ressemblent pas ! Hier je me sentais perdue, je marchais comme une mendiante enfermée dans ma peau de camouflage et aujourd’hui… je vole toute heureuse !…

« Bon, à quoi peut bien ressembler Séraphine ? Elle doit être toute ridée ! J’aimerais bien demander à quelqu’un si je suis sur le bon chemin et si… Séraphine n’est pas qu’une légende ! Mais à qui vais-je m’adresser ? Je vais fermer les yeux… et faire confiance à l’univers… On verra bien où le hasard me déposera !

Annabelle se concentra, et hop, décida de faire confiance à son intuition !

 

 

 

CHAPITRE 3

 

 

Bon, son atterrissage fut un peu… disons… chaotique, vu qu’elle fermait les yeux !

Mais elle se retrouva sur un beau tournesol. Son cœur l’accueillit, moelleux… Doux… Tendre… Elle rebondit plusieurs fois… et se décida enfin à ouvrir les yeux :

— Wahou !! Comme c’est beau !

— Bonjour, lui dit le tournesol, es-tu une larme de soleil ?

— Heu… non, je m’appelle Annabelle et… je suis une coccinelle… et je n’ai pas de taches… et…

— Mais c’est merveilleux, lui répondit le tournesol. Tu es vraiment très jolie et je suis bien heureux d’avoir un peu de compagnie. Je pensais que le soleil m’avait fait un petit cadeau, car je suis son serviteur ! Je vis grâce à lui en suivant sa lumière et toi… tu es sûrement une goutte de son essence ?

— Holala, répondit Annabelle, c’est bien la première fois que quelqu’un me trouve belle ! J’ai été chassée de ma famille parce que je n’avais pas de taches et que je ne ressemblais à personne.

— Quelle chance tu as, petite Annabelle ! Ne pas ressembler aux autres est un cadeau, car tu as certainement un destin exceptionnel qui t’attend, moi je t’envie ! Ce n’est pas donné à tout le monde d’être une larme de soleil !

Annabelle n’en revenait pas. Pour une fois, quelqu’un la regardait vraiment et… en plus, l’accueillait en son cœur.

— Si tu le souhaites, tu peux rester quelques temps ici afin de te reposer. Mon cœur est tendre et confortable, de plus, tu y trouveras toute la nourriture dont tu auras besoin et le repos nécessaire.

Annabelle était troublée. C’était la première fois qu’elle avait un ami… Et ne savait trop comment réagir. Elle s’inclina timidement et, retenant ses larmes, le remercia de sa gentillesse !

— Installe-toi, je t’offre mon cœur afin de t’aider dans ta quête, car je te trouve bien courageuse ! Et puis, comme ça… je me sentirai moins seul. Vois-tu Annabelle, la vie est faite d’échanges, de bontés et de partages.

« Moi aussi je suis seul, le vent m’a déposé bien loin de ma famille, les tournesols vivent ensemble en général ; moi j’ai été égaré, et j’ai dû pousser tout seul, me nourrissant des rayons du soleil. J’ai de ce fait appris à observer, mais hélas je n’avais personne pour partager mes découvertes. J’ai souvent demandé au soleil de m’envoyer un signe afin de m’aider à supporter ma solitude…

« C’est pourquoi lorsque tu es tombée… comme ça, du ciel… Tu es la réponse à mes prières ! J’ai autant besoin de toi, que toi tu as besoin de moi ! Et puis lorsque l’été sera terminé, je devrai me faner, c’est la loi de la nature ! Reste avec moi jeune coccinelle !

Annabelle fut émue par la tristesse du tournesol et sa grande solitude. Elle décida de rester.

Ce soir là pour la première fois, elle s’endormit en paix, le cœur de son nouvel ami était si doux… Ses pétales s’étaient refermés, formant un écrin de protection.

Quant au tournesol, il était si heureux qu’il passa la nuit à veiller sur Annabelle comme sur un précieux trésor.

Le lendemain, lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle comprit qu’elle se trouvait à l’aube de sa vie !

 

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3 commentaires

  1. Biharé Françoise
    10 janvier 2018

    Bonjour Laurène
    Heureuse de vous lire à nouveaux: 🙂
    Gina m’avait envoyé des photos de votre stand au marché de Noel….J’ai trouvé mes sacs très originaux! Et cette idée de livre illustré par votre amie peintre est excellente 🙂 J’espère qu’il aura du succès 🙂
    Je suis impatiente de vous lire à nouveau…
    Bises amicales et bonne continuation 🙂

  2. Estelle
    23 janvier 2018

    Bonjour Laurène j’etais plongée dans les aventures d’Anabelle cette brillante coccinelle et je reste sur ma faim pour les prochains chapitres ! Je suis dans ma part d’enfance et merci pour les beaux messages à l’intérieur ! Les dessins sont naïfs et plein de talent bravo à l’artiste qui t’accomagne dans ce beau projet. Bisous from wild nature
    Estelle

  3. Christine Peschaud
    12 avril 2018

    Bonjour,
    Ces trois premiers chapitres que j’avais eu l’occasion de découvrir chez Gina sont vraiment beaux et touchants. Les illustrations sont vraiment réussies 🙂 🙂 . Bravo à cette artiste. Je suis preneuse du livre une fois édité. Amicalement. Christine

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