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ARMÉNIE,

Longtemps ce mot ne me disait rien.

Pourtant mon nom, HEKINIAN, est la signature de ce peuple dont je fais partie. J’ai grandi en France et tout dans ma vie m’a fait me sentir française. J’ai appris l’histoire de FRANCE, la géographie Française et mon passeport est bien Français.

Pourtant …

Je connais si peu de choses de l’histoire de cette Arménie dont je porte le nom !!

Après le Génocide, les survivants furent éparpillés tels des grains de sables aux quatre coins du Monde.

Ma famille, elle, est arrivée en  France. À Paris, plus exactement.

Je connais si peu de choses de leur histoire. Il fallait s’intégrer, oublier, revivre pour ne plus survivre.

Je garde un souvenir magique de mes grands parents paternels. Il y a cent ans, ils ont fuit les massacres orchestrés par les turcs sur le peuple Arménien.

Ils ont, comme beaucoup d’autres, trouvé refuge sur cette merveilleuse terre d’accueil qu’était la France.

Sur leur passeport, le mot  apatride  était inscrit pour toujours, comme une blessure indélébile.

Une nouvelle vie commençait alors …

Le jardin de mes grands parents en région parisienne, était le nid douillet où j’ai grandi.

35 RUE DE L’ÉSPÉRANCE !!!

La rue de l’espérance était la rue de l’espoir pour beaucoup.

Tout d’abord, nous, les Arméniens.

Puis en face, Ana et ses nombreux chats. Elle était la seule survivante des camps nazis.

A côté d’Ana, se trouvait la maison de Poliakoff. Lui, il vivait dans le sous sol de sa maison inachevée … Lui aussi était polonais et survivant des camps de la mort…

Il y avait la famille Fabiani dont le fils Pierre est le meilleur ami de mon père et mon parrain.

Il y avait aussi les Sirovasky … Elle était une Princesse Russe et lui un merveilleux pianiste. Nous allions souvent y boire le thé avec ma grand-mère.

Et Madame Lobko … La grande protectrice des animaux … Combien de fois mon père est allé la chercher au commissariat … eh oui Madame Lobko, bien qu’avancée en âge partait seule en commando spécial délivrer tous les animaux qu’elle estimait maltraités …

35 RUE DE L’ESPERANCE …

Cette maison dont mon grand-père était si fièr et qu’il a construite de ses mains en 1930 … La plus haute disait-il !!

Elle était un peu tordue la maison de mon enfance, mais je l’aimais bien …

Odeur de cirage …

Odeur de charbon …

Mélodie de cette langue Arménienne dont je ne comprenais rien mais qui me rassurait.

Les prières de ma grand- mère … De ses larmes qui coulaient parfois lorsqu’ elle s’adressait à Dieu …

35 RUE DE L’ESPERANCE …

Espoirs de ces peuples errants, ayant trouvés refuge sur cette terre d’asile … Et nous, ses enfants, étions leur espoir d’une vie meilleure …

C’est beau une mémoire …

C’est mieux que des photos, et puis on se promène avec, on fait revivre nos chers disparus, on se promène dans notre passé comme dans un jardin.

La mémoire est un voyage !.. Garder sa mémoire, c’est ne pas oublier pour un jour pouvoir raconter et transmettre.

Le temps a passé … Et puis notre famille a vendu la maison du 35 rue de l’ espérance … Je n’ai jamais eu le coeur d’y retourner ….

 

Nomade, errante, sans racines ! Les seules racines que j’ai sont dans mes souvenirs. Portons nous les mémoires génétiques de nos ancêtres ? De nos peuples ?

Je n’ai jamais appris la langue Arménienne, seul mon nom porte la signature de ce peuple millénaire dont il est l’empreinte.

C’est mon fils, Valentin, qui à repris le flambeau, et m’a ramené aux sources de mes racines arméniennes.

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Depuis cet été où je suis allée visiter ce petit pays grand comme la Belgique, tout a basculé ! Ce fut une évidence, un choc, une re-connexion à mes mémoires oubliées.

L’Europe est en train de sombrer, lentement et sûrement, hélas, dans un chaos bien orchestré par nos dirigeants sans scrupules.

Le 19 novembre, je pars donc en Arménie par la route, pour une durée d’un an minimum, avec l’homme que j’aime, qui est photographe, et notre chaton de trois mois, recueilli et élevé au biberon par nos soins. Il sera donc aussi du voyage …

Ce sera notre camp de base, mais nous avons aussi le projet d’explorer les pays alentours, dont l’Iran et le Haut Karabagh, république auto-proclamée de Transcaucasie.

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Nous partons avec l’essentiel, vestiges de nos souvenirs et de notre vie. Notre 4×4 sera tout de même bien chargé ..!

Dix jours de route pour rejoindre la capitale de l’Arménie, Erevan, où Valentin nous attend déjà.

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Compte tenu de la situation géopolitique actuelle, nous avons choisi la voie du milieu – traverser la mer Noire, au lieu de soit l’Ukraine au nord, soit la Turquie au sud – 60 heures de ferry qui vont nous épargner beaucoup de kilomètres par la route.

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C’est étrange, 100 ans après je refais en sens inverse le chemin parcouru par mes ancêtres .. Se pourrait-il que ce tout petit pays dont personne ne parle jamais, que peu de gens savent situer sur une carte, devienne un jour à son tour une Terre d’accueil ?

Je suis une Nomade .. Légère comme le vent …

Je rends au monde une parcelle de ce que l’on m’a transmis, afin de ne pas oublier …

Nous sommes tous des enfants de l’univers, des poussières d’étoiles immortelles et divines.

Nous séjournons sur terre un court instant, afin de comprendre, d’apprendre et d’expérimenter la Vie ici et maintenant.

Elle est belle notre planète, elle nous accueille et nous protège.

Profitons de notre séjour ici, le temps de notre vie, pour y laisser une trace, une œuvre, un art, ou tout simplement un sourire.

Laissons de la beauté

Transmettons de l’amour

Bannissons la guerre

Nous sommes issus de la même race, celle de l’humain !

Peu importe la couleur, l’origine, le lieu, la religion.

Nous sommes un merveilleux kaléidoscope de diversité qui fait notre beauté.

Nous sommes des morceaux d’un grand tout !

 

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armenews.com Nouvelles d'Arménie Magazine

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Un commentaire

  1. Cléo Hekinian
    14 novembre 2016

    100 ans après leur exode, faire ce chemin inverse même s’il est différent, sera nul doute emplit d’émotions diverses mais ils seront à tes côtés… Eux qui n’ont jamais pu retourner dans leur pays, dépouillés de leurs terres, de leurs richesses, de leur famille, les obligeant à fuir avec pour seul bagage ce maigre baluchon… Le premier voyage était l’étincelle, le souffle chaud de l’émotion,de la découverte, du premier baiser de cette terre inconnue… Demain il en sera différent, un voyage initiatique, un parcours fait d’amour et d’espérance avec pour seul bagage leurs 2 âmes serrées l’une contre l’autre calées contre ton coeur. Je n’a pas assez de mots pour te dire à quel point je suis heureuse et fière que tu le fasses… enfin ils rentrent chez eux…

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