BACK TO FRANCE #1

“Notre vie est un voyage constant, de la naissance à la mort, le paysage change, les gens changent, les besoins se transforment, mais le train continue. La vie, c’est le train, ce n’est pas la gare …”

 

2 décembre 2017, Tourrettes, France.

 

Aujourd’hui c’est mon anniversaire et cela fait juste une semaine que nous sommes revenus en France. Je suis toujours aussi stupéfaite par le temps qui passe si vite. Je me sens comme embarquée sur un train qui file trop vite, de ce temps qui nous éloigne presque malgré nous de notre enfance. Pourtant, il ne me parait pas si loin le temps où je jouais à la marelle avec mes copines dans la cour de récré, insouciante de l’avenir et où je trouvais que c’était “des vieux” ceux qui avaient 20 ans … Qu’ils sont loin mes 20 ans, même si je les ai encore dans ma tête. J’aimerai bien me foutre de mes rides et de mes fils d’argent qui se mêlent à mes cheveux blonds, mais il n’en est rien, coquetterie oblige 😉

Je suis donc assise sur mes années et je regarde ma vie, sans regrets. L’aventure continue et je laisse le train m’emporter …

 

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le toy en cours de chargement : no comment ..!!

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Stephan & Anahit, nos propriétaires et amis …

 

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… ce n’est qu’un au-revoir ( nos amis artistes peintres )

 

Il y a une semaine, nous fermions la porte de notre petite maison arménienne, laissant tous les chats du quartier que je nourrissais reprendre leur vie vagabonde. Il était 6 heures du matin lorsque nous primes la route. Erevan dormait encore et la journée s’annonçait ensoleillée, notre 4×4 était chargé à bloc. Notre Louis, qui en un an avait prit de l’embonpoint, était , comme pour l’aller, perché dans sa boite au dessus de nous. C’était lui qui était le mieux installé !

 

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Louis, la veille du départ …

 

Nous avons mis moins de deux heures pour arriver à Gyumri où nous avons fait une pause café. J’aime tellement cette ville qu’un dernier stop s’imposait, c’était notre dernière étape en Arménie avant le passage de la frontière. Nous avons respiré le vent de cet air si pur (2000 mètres d’altitude) et profité une dernière fois de ces cafés si chaleureux, nous avons ressenti un petit pincement au coeur, un début de nostalgie sans doute … Nous n’étions pas tristes, la décision de rentrer a été un choix : nous avions besoin de ce retour et le voyage de 8 jours qui nous attendait était une belle aventure qui nous rendait impatients de reprendre la route.

Nous avons passé le premier contrôle à la frontière Arménie / Georgie sans problèmes, sauf en Géorgie où ils ont demandé à fouiller trois de nos sacs. Louis est sorti incognito, comme à son entrée, un an auparavant 😉

La route entre la Georgie et la Turquie était complètement défoncée, mais nous étions habitués … Mes yeux enregistraient afin de graver dans ma mémoire ces paysages si particuliers du sud Caucase, ces montagnes usées, arides et pelées avec ses maisons déglinguées mais que je trouvais malgré tout jolies et pleines de charmes … chaque kilomètre m’éloignait de ma douce Arménie qui avait gardé un morceau de mon coeur. Au bout de deux heures de route, le paysage commença à changer, nous approchions de la frontière Turque.

 

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Dernier regard sur l’Arménie

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… et côté Georgie

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En attendant la cigogne !

 

J’avoue que nous étions un peu stressés par ce passage frontière. Nous étions tellement chargé, que si nous tombions sur un douanier un peu zélé, nous savions qu’il nous faudrait des heures pour tout recharger. Nous étions un peu pris par le temps car nous devions prendre un ferry en Grèce pour rejoindre l’Italie et il nous restait de nombreux kilomètres à parcourir.

 

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L’accueil en Turquie fut bien moins chaleureux que pour l’Arménie et la Géorgie. Nous avons du passer 3 contrôles, passeport – voiture – passager, un peu d’attente, aucun sourire, visages fermés des douaniers et aucun effort pour parler anglais.

Moi j’étais dans la voiture avec Louis, qui roupillait nonchalamment étalé de tout son long dans sa caisse first classe, peu concerné par la situation. Au dessus de ma tête flottait un immense drapeau rouge frappé du croissant et de l’étoile turque, cette situation était un peu étrange pour moi … Je ne pouvais m’empêcher de penser à mes grands-parents arméniens. Nous étions dans une sorte de no man’s land, attendant d’être de nouveau contrôlés, personne ne semblait se soucier de nous, nous étions seuls entourés de routiers aux mines fatiguées. Alain cherchait désespérément un interlocuteur, nous avions encore 300 kms à faire sur des routes de montagnes et notre timing était un peu serré. Enfin un douanier au visage fermé est arrivé, baragouinant en turc, et nous comprîmes qu’il fallait ouvrir le coffre. Il inspecta avec sa lampe torche l’intérieur ( ou du moins fit-il semblant ) car à la vue de notre foutoir, pourtant bien organisé, il écarquilla les yeux, marmonna quelque chose qui finissait par camping, et nous fît signe avec un geste mou et désabusé de passer … ce passage frontière avait duré une heure et une fois de plus, Louis est entré en Turquie … clandestinement ! Une fois la frontière passée, nous fûmes surpris par la qualité des routes : belles, lisses, propres et neuves, nous n’étions plus habitués ! Nous glissions, filant sans secousses, découvrant des paysages magnifiques et bien entretenus. Plus de vestiges soviétiques, d’usines abandonnées, de maisons inachevées. Nous pouvions presque nous croire en Europe, si ces immenses drapeaux rouges ne venaient sans cesse nous rappeler que nous étions bien en Turquie !

 

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100 kms plus loin nous fûmes arrêtés par un barrage militaire pour un contrôle de nos passeports et … nous souhaiter la bienvenue ! ( bien plus sympathiques qu’à la frontière ) Dans un anglais maladroit mais compréhensible, le militaire s’attarda une fraction de seconde sur mon nom arménien et mon visage, puis me tendit dans un demi sourire mon passeport, faisant signe à son collègue de lever la barrière afin de nous laisser passer. Les kilomètres furent avalés rapidement et nous avions hâte d’arriver à notre première étape, nous avions besoin de nous poser et de pouvoir intégrer en nous toutes ces nouvelles informations. Nous arrivâmes au crépuscule dans un endroit magnifique, qui ressemblait à s’y méprendre à la Suisse, si ce n’était qu’à la place d’une église se dressait une mosquée, au coeur du petit village coquet.

 

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Notre première nuit fût réparatrice, ponctuée par les jacassements des oies qui s’étaient regroupées sous notre petit chalet, terrifiant Louis qui passa la nuit sur notre tête. Notre réveil fût accueilli à 6h30 par l’appel à la prière qui nous fit réaliser que nous étions en terre musulmane.

Nous reprîmes la route, découvrant des paysages somptueux, une nature belle et généreuse et des petits villages bien entretenus. La seule chose étrange et qui nous mettait je dois bien l’avouer un peu mal à l’aise, était toujours ces immenses drapeaux rouges flottant au vent.

 

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Après la montagne, nous arrivâmes sur les bords de la mer noire. Nous étions comme des enfants émerveillés par la beauté de la grande bleue que nous n’avions pas vus pendant un an. Nous nous sommes arrêtés afin de respirer son parfum iodé qui inonda nos narines, nous étourdissant à moitié. Nous sommes restés quelques instants fasciné par cette immensité et le doux clapotis des vagues, la mer noire paraissait si bleue qu’il était difficile de distinguer le ciel, qui tel un amant amoureux se prélassait, s’emmêlant et se fondant, donnant une diversité de bleus allant du clair au plus plus foncé … Tout était calme et l’on pouvait imaginer sans difficulté les milliers de touristes qui venaient s’échouer l’été sur ces plages redevenues calmes et presque sauvages avec l’hiver.

 

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Nous reprîmes la route, la côte escarpée, les petites criques aux maisons de pêcheurs de toutes les couleurs nous faisaient presque penser à la côte ouest de la France, mais les nombreuses mosquées et toujours ces gigantesques drapeaux nous ramenaient à la réalité. Les villes côtières traversées étaient toutes bien entretenues.

Nous arrivâmes de nuit à notre hôtel, que nous avions choisi au bord de la plage. Ce soir là, la mer était bien noire ! Louis l’aventurier était content de sortir de sa tanière et s’amusa comme un fou dans la chambre. Après un repas rapide ( bien moins bon que la cuisine arménienne ) nous nous sommes endormis tous les trois comme des bébés, bercés par le bruit des vagues.

 

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6h30, l’appel à la prière ! Pas besoin de réveil ! De nombreux kilomètres nous attendaient et nous ne pouvions nous autoriser de grasse matinée. Le soleil qui se levait sur la mer fut un spectacle qui nous enchantait. Nous sommes allés marcher un peu sur la plage avant d’aller déjeuner et nous sommes reparti, direction l’Anatolie. 600 kms nous séparaient de notre prochaine étape …

 

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Image à la sauvette 🙂 sur les routes de Turquie

A très bientôt pour la suite ….

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